À propos

Le train, vu de l'intérieur

Le train est l'objet le plus banal qui soit. On y monte sans y penser, on regarde le paysage défiler, on descend. Et pourtant, il n'existe presque rien qui en dise autant sur nous.

Un billet, c'est une décision économique. Une gare, c'est un choix d'aménagement — donc de pouvoir. Une ligne nouvelle, c'est des milliards arbitrés entre des territoires. Un horaire, c'est le quotidien de millions de gens et le travail invisible de ceux qui le font tenir. Le rail touche à tout : l'argent public, la géographie, l'écologie, le travail, l'imaginaire. Il suffit de tirer le fil.

C'est ce que fait L'espace entre les wagons : partir d'un détail concret — un prix, un métier, une carte — et le suivre jusqu'à ce qu'il révèle un système.

Le train est à la fois poétique et politique, économique et touristique. On refuse de choisir entre ces facettes : c'est leur rencontre qui est intéressante. La rêverie d'un quai à l'aube et le montage financier d'une ligne à grande vitesse racontent le même pays — celui d'aujourd'hui.

La voie ferroviaire à contre-jour du soleil couchant, vue depuis la fenêtre d'un train en marche.

Pour qui

Pour tout le monde. On écrit pour la personne qui n'a jamais pensé au train autrement que comme un moyen d'aller d'un point A à un point B — et on parie qu'en deux mille mots, on peut la rendre incollable sur le coût d'un kilomètre de voie ou sur la journée d'un aiguilleur.

Pas de jargon, pas de connivence d'initiés. La curiosité d'abord, l'expertise ensuite. On ne milite pas, on ne vend rien : on regarde, on enquête, on raconte, et on laisse le lecteur se faire son idée.

Voyageurs sur le quai d'une gare, attendant leur train.

Comment

Quatre façons de tirer le fil, qui reviennent numéro après numéro :

  • Dans la peau de — le travail invisible du système, par ceux qui le font tourner.
  • Pourquoi ça coûte ça — l'économie politique du rail, en suivant l'argent.
  • La carte cachée — une décision lue par la géographie et le pouvoir.
  • Train de pensée — ce que le train fait à notre imaginaire.
Le passage articulé entre deux wagons, l'espace où le train respire.

Le nom

L'espace entre les wagons, c'est cet interstice qu'on enjambe sans le voir en passant d'une voiture à l'autre. Un lieu de passage, ni tout à fait dedans ni tout à fait dehors — d'où l'on voit les choses autrement. C'est de là qu'on écrit.

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Portrait de Nicolas Goarant

L'auteur

Nicolas Goarant

Je m'appelle Nicolas Goarant. Je n'ai pas de voiture : le train est devenu mon mode de déplacement, et sans que je l'aie décidé, mon lieu préféré. On y lit, on y parle, on y rêve — et on ménage un peu la planète au passage. C'est en le prenant tous les jours que j'ai eu envie de le regarder autrement. C'est de là qu'est né ce média.

Ancien collaborateur de cabinet, il a publié Le Sommeil malmené (Éditions de l'Aube, 2020).